Une conférence de Fabien Deloche, être auditeur : bien plus qu’une méthode, une posture
À l’occasion de notre Journée Technique des Auditeurs QUALIANOR 2026, nous avons réuni nos auditeurs autour d’un thème : « L’auditeur au cœur de la confiance ».
Une confiance qui se construit et se partage entre l’organisme certificateur, ses auditeurs et également les organismes certifiés.
Quatre conférences ont permis d’en explorer différentes dimensions, dont nous partageons aujourd’hui les principaux enseignements.
L’auditeur au cœur de la confiance.
Être auditeur : bien plus qu’une méthode, une posture
Intervenant : Fabien DELOCHE — Coach, préparateur mental, conférencier et chercheur en management durable
La compétence technique ne suffit pas
Un auditeur doit maîtriser un référentiel, une méthode et les règles du dispositif dans lequel il intervient. Mais la qualité d’un audit ne repose pas uniquement sur cette compétence technique.
L’auditeur entre dans une organisation, rencontre des interlocuteurs aux profils très différents, questionne leurs pratiques, recherche des preuves, formule des constats et peut être amené à annoncer une non-conformité ou à gérer un désaccord.
Dans toutes ces situations, sa posture influence directement la qualité de la relation et, par conséquent, les conditions dans lesquelles il peut exercer son métier.
C’est tout l’enjeu de l’intervention de Fabien Deloche : replacer la relation à soi et la relation à l’autre au cœur de la performance durable et de la qualité de la relation.
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Être auditeur, c’est aussi entrer en relation
L’audit est une interaction humaine. Face à l’auditeur, les réactions peuvent être très différentes : coopération, inquiétude, incompréhension, justification, désaccord, voire parfois opposition.
L’enjeu n’est donc pas uniquement de savoir quoi demander. Mais, également, de savoir comment entrer en relation, écouter, questionner et exprimer ses conclusions.
La posture de l’auditeur contribue à créer les conditions permettant d’obtenir des échanges de qualité. Tout en préservant les exigences et l’indépendance inhérentes à sa mission.
La qualité de la relation ne remplace pas l’exigence. Elle permet de l’exercer dans de bonnes conditions.
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La responsabilité commence par soi
L’un des points importants abordés durant cette conférence concerne la notion de responsabilité.
Il propose une définition particulièrement large :
Face à une situation difficile, l’enjeu n’est pas uniquement de rechercher ce que l’autre aurait dû faire différemment. Mais, également, de se demander :
Cette logique permet de passer d’une recherche du « responsable » ou du « coupable » à une logique de responsabilité et d’action.
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Passer d’une logique de problème à une logique de solution
Fabien Deloche a présenté une échelle des comportements particulièrement intéressante pour notre métier. Elle part de comportements tels que :
Les premiers niveaux correspondent davantage à une logique orientée vers le problème, les peurs ou les jugements. À mesure que l’on progresse dans l’échelle, on évolue vers une logique d’acceptation de sa responsabilité, d’analyse puis de recherche de solutions.
Cette grille peut directement faire écho à certaines situations rencontrées en audit.
Face à un désaccord, une difficulté ou une situation inattendue, l’auditeur peut lui aussi être tenté de se justifier, de se braquer ou de chercher immédiatement la responsabilité de son interlocuteur.
L’enjeu est au contraire de conserver suffisamment de recul pour analyser la situation et rechercher la manière appropriée de poursuivre sa mission.
Passer de « qui est responsable ? » à « comment avancer ? ».
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L’assertivité : trouver la juste posture
Une notion centrale de l’intervention a été celle de l’assertivité.
Fabien Deloche la définit comme :
« Être en mesure d’exprimer ce qu’on ressent tout en continuant d’entretenir des relations satisfaisantes et performantes avec l’autre. Sans crainte de susciter l’hostilité de son environnement ou en étant prêt à la gérer si cela se produit. »
Pour le métier de l’audit, cette notion est particulièrement pertinente. Être assertif, ce n’est ni éviter le désaccord, ni chercher à imposer son point de vue.
C’est être capable de dire les choses clairement, d’assumer son analyse et de maintenir une relation professionnelle constructive, y compris lorsque le message est difficile à entendre.
Une non-conformité peut ainsi être formulée avec fermeté sur le fond tout en conservant une posture respectueuse dans la forme.
Être clair sans être agressif. Écouter sans devenir passif. Maintenir son exigence sans entrer dans un rapport de force.
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Identifier nos comportements refuges
L’intervention a également permis d’identifier plusieurs comportements que nous pouvons adopter lorsque la relation devient plus difficile : passivité, agressivité ou manipulation, en opposition à une posture assertive.
Ces comportements peuvent apparaître sous pression. Un auditeur peut par exemple éviter un sujet pour ne pas créer de tension, durcir excessivement sa posture face à une contestation ou chercher indirectement à obtenir l’adhésion de son interlocuteur.
L’intérêt de cette grille n’est pas de porter un jugement sur ces comportements. Mais, de développer la capacité à les identifier lorsqu’ils apparaissent chez nous.
Car la posture professionnelle commence aussi par cette capacité à prendre du recul sur sa propre manière d’interagir.
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Les émotions font partie de la situation d’audit
L’auditeur n’est pas extérieur aux émotions générées par une situation. Une contestation peut provoquer de l’agacement. Une situation conflictuelle peut générer de l’appréhension. Une forte pression peut modifier notre manière de questionner ou de répondre.
L’objectif n’est donc pas de supprimer les émotions, mais de développer la capacité à les identifier et à les réguler afin qu’elles ne pilotent pas notre comportement.
Fabien Deloche décline cette capacité à travers plusieurs habiletés :
Ressentir | Identifier | Comprendre | Exprimer | Se dire | Être constructif | Réguler sa peur
La dernière étape est particulièrement importante : utiliser la compréhension de ses émotions pour piloter consciemment son comportement plutôt que simplement réagir à la situation.
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La posture n’est pas synonyme de complaisance
Travailler sa relation à l’autre ne signifie évidemment pas diminuer son niveau d’exigence.
Un auditeur doit rester capable de poser une question difficile, demander une preuve complémentaire, maintenir un constat lorsque celui-ci est étayé ou expliquer pourquoi une situation ne répond pas à une exigence.
L’enjeu est précisément de parvenir à le faire sans laisser la relation prendre le dessus sur le constat. Mais, également, sans laisser le constat dégrader inutilement la relation.
La bonne posture consiste donc à trouver un équilibre entre :
- Ecoute et exigence ;
- Distance et relation ;
- Affirmation et ouverture ;
- Méthode et adaptation.
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La confiance se construit aussi dans la manière d’auditer
Cette conférence fait finalement directement écho au thème général de la JTEQ : « L’auditeur au cœur de la confiance ».
La confiance dans l’auditeur ne repose pas uniquement sur sa maîtrise technique.
Elle se construit, également, dans sa capacité à être cohérent, à expliquer son raisonnement, à écouter, à assumer ses conclusions et à conserver une posture professionnelle lorsque la situation devient plus complexe.
Un auditeur techniquement compétent mais incapable de gérer la relation peut fragiliser la mission.
À l’inverse, une bonne relation ne peut jamais compenser une faiblesse technique.
La qualité de l’audit naît de la combinaison des deux.
Les 4 réflexes à retenir
Le message à retenir
Être auditeur, ce n’est pas seulement savoir auditer. C’est aussi savoir quelle posture adopter pour pouvoir exercer pleinement son métier.
La méthode nous indique comment conduire l’audit. Le référentiel nous indique ce que nous devons évaluer. Les preuves nous permettent de conclure.
Mais c’est notre posture qui détermine la manière dont nous allons questionner, écouter, nous affirmer, gérer le désaccord et porter nos conclusions.
Et la question posée par Fabien Deloche à la fin de son intervention résume finalement parfaitement cette réflexion :
« Quel auditeur souhaitez-vous devenir ? »

Accréditation COFRAC Certification de Systèmes de Management n°4-0591, portée disponible sur
Accréditation COFRAC Produits, Procédés et Services n°5-0589, portée disponible sur 
