Alexis VIGNY : Un auditeur de terrain au service d’une approche intégrée

L’interview d’Alexis Vigny, auditeur pour QUALIANOR depuis 2020, met en lumière un parcours profondément ancré dans la filière nucléaire. Originaire de Cherbourg et diplômé d’un Master Qualité, il rejoint le secteur dès 2006 avant d’exercer différentes responsabilités opérationnelles en production, sécurité et radioprotection.

Cette expérience nourrit aujourd’hui sa conception de l’audit : comprendre les métiers, leurs contraintes et leurs enjeux pour donner un sens concret aux exigences normatives.

Une conviction qu’il résume simplement :

« Mieux une exigence est comprise, mieux elle est appliquée par les opérationnels. »

Alexis VIGNY – Auditeur ISO et Radioprotection QUALIANOR

Du terrain nucléaire à l’audit de certification

  1. Peux-tu nous présenter ton parcours et ce qui t’a conduit dans le secteur nucléaire ? 

Je suis né à Cherbourg, une des régions les plus nucléarisées de France. Avec l’usine de la Hague, l’arsenal fabricant les sous-marins et la centrale EDF de Flamanville. Bercé par le secteur nucléaire, j’y suis naturellement entré en 2006 à la sortie de mon Master Qualité, chez un spécialiste du levage en environnement complexe intervenant sur les sites nucléaires de tout le pays.

  1. Tu as occupé pendant plusieurs années des fonctions opérationnelles en production, sécurité et radioprotection. Qu’est-ce que cette expérience de terrain t’apporte aujourd’hui dans ton métier d’auditeur ?

Ces expériences de terrain m’ont permis d’aborder le métier d’auditeur avec une recherche de réalisme et de pragmatisme dans la mise en œuvre des exigences normatives, en leur donnant un sens le plus concret possible. Mieux une exigence est comprise, mieux elle est appliquée par les opérationnels.

  1. Comment es-tu passé de ces fonctions opérationnelles à l’audit de certification ? 

Au fil de ma carrière, j’ai eu l’opportunité de devenir auditeur interne. Ce qui m’a fait débuter dans l’exercice de l’audit petit à petit. Lorsque j’ai décidé de devenir consultant indépendant en 2021, l’audit est devenu une part importante de mon activité. En parallèle de la formation et de l’accompagnement à la mise en place des normes.

Auditer avec expertise, pragmatisme et vision globale

  1. Tu audites aujourd’hui les référentiels ISO 9001, ISO 14001, ISO 45001 et ISO 19443, ainsi que dans le domaine de la radioprotection. Qu’est-ce qui te plaît dans cette diversité de missions ?

Cela permet d’avoir une vision globale des sujets Q3SER. Et de vérifier la bonne articulation des référentiels entre eux, afin d’avoir un système de management performant et réellement intégré, au service de la performance et de la satisfaction des parties prenantes (ce qui implique aussi la satisfaction des acteurs internes des entreprises auditées).

  1. Selon toi, quelles sont les qualités indispensables pour être un bon auditeur et trouver le juste équilibre entre expertise technique, écoute et prise de recul ?

Savoir comprendre les métiers de chaque entreprise. Leurs contraintes, leurs enjeux, afin de mener un audit juste, respectant toutes les exigences des référentiels. L’expertise technique permet de mettre, comme évoqué plus haut, un sens concret sur les exigences.

ISO 19443 : au cœur des enjeux de la filière nucléaire

  1. L’ISO 19443 occupe aujourd’hui une place importante dans tes missions. Qu’est-ce qui t’intéresse particulièrement dans les audits réalisés auprès des acteurs de la filière nucléaire ?

La filière nucléaire est une filière d’excellence française historique, qu’il faut pérenniser et faire vivre. A l’aube de nouveaux enjeux de souveraineté et d’écologie qui redonnent un second souffle à cette énergie décarbonée et implantée fortement dans les territoires. Chaque audit est l’occasion de découvrir de nouvelles facettes, de nouveaux métiers de cette filière, avec un intérêt technique toujours renouvelé.

  1. Grâce à ton expérience du nucléaire, quelles évolutions observes-tu dans la maturité des entreprises vis-à-vis des enjeux de qualité et de sûreté nucléaire ?

L’ISO 19443 a permis de remettre la culture de sûreté au cœur des enjeux, des sensibilisations, de l’exigence d’excellence de la filière. Au fil des années, nous avons ressenti en audit cette prise en compte, avec aujourd’hui des entreprises très impliquées dans la maitrise et l’application de ce référentiel exigeant.

Six ans d’audits aux côtés de QUALIANOR

  1. Tu réalises des audits pour QUALIANOR depuis 2020. Six années plus tard, comment décrirais-tu cette collaboration et qu’est-ce qui te conduit à maintenir cet engagement à nos côtés ?

La diversité des entreprises auditées. Le positionnement de QUALIANOR comme un acteur spécialisé dans la filière nucléaire. La possibilité de faire des audits intégrés sur l’ensemble des thèmes Q3SER, seul ou en équipe.

  1. En 2026, tu as réalisé 30 audits ISO 19443 pour QUALIANOR, soit 70,5 jours d’audit. Au-delà des missions elles-mêmes, qu’attends-tu d’un organisme certificateur pour exercer ton métier dans de bonnes conditions ?

Les audits ISO 19443 et encore plus lorsqu’ils sont intégrés avec d’autres référentiels, sont très longs, de plusieurs jours à plusieurs semaines. Il est essentiel de pouvoir les planifier au plus tôt, pour pouvoir anticiper d’éventuels aléas. Les déplacements inhérents aux entreprises multisites avec une implantation auprès de plusieurs sites nucléaires sur tout l’Hexagone, et les audits sur sites clients. L’organisme certificateur doit être compris, en cela, par les clients, qui peuvent être surpris parfois de demandes de planification plusieurs mois en avance, mais il s’agit d’un mal nécessaire pour un audit qui se déroule au mieux.

  1. Pour terminer, qu’est-ce qui te motive encore aujourd’hui dans le métier d’auditeur et quel conseil donnerais-tu à un professionnel du nucléaire qui souhaiterait se lancer dans cette voie ?

La possibilité de découvrir chaque semaine de nouvelles entreprises de la filière, de nouveaux métiers, des produits innovants, des sites et des productions à haute technicité. Un conseil serait de se lancer, tout simplement, on hésite souvent à faire le premier pas mais le métier est très intéressant pour ceux ou celles qui aiment cette filière.