Hyperbarie : Plonger au cœur de l’audit avec Nicolas Belot
Du terrain à l’audit de certification, Nicolas Belot a construit son parcours au plus près des métiers et des risques liés aux environnements hyperbares. Aujourd’hui auditeur et référent technique Hyperbarie chez QUALIANOR, il partage son expérience, sa vision de l’audit et les spécificités d’un secteur où expertise technique, exigences réglementaires et sécurité sont indissociables.
Nicolas Belot — Auditeur et Référent Technique Hyperbarie QUALIANOR
1 – Un parcours
Nicolas, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Nicolas Belot, j’ai 47 ans et je suis originaire de Marseille. Bercé dès mon enfance par les récits de Jacques-Yves Cousteau et d’Henri-Germain Delauze, j’ai très tôt développé une véritable passion pour le monde sous-marin. Depuis mon plus jeune âge, j’explore les fonds marins de ma région, qui ont naturellement guidé mon parcours personnel et professionnel.
Avant de devenir auditeur, tu as exercé dans les travaux hyperbares. Quel a été ton parcours professionnel ?
J’ai transformé ma passion pour la plongée en métier en devenant tout d’abord moniteur de plongée loisir, puis scaphandrier classe 2 mention A, ce qui me permet d’intervenir jusqu’à 50 mètres de profondeur.
J’ai ensuite exercé comme instructeur à l’Institut national de plongée professionnelle de Marseille, tout en développant mon expérience sur de nombreux chantiers de travaux sous-marins en France et en Europe.
Mon parcours m’a également permis de participer à des missions variées : archéologie sous-marine, recherche scientifique et océanographique, organisation et sécurisation de plateaux de tournage sous-marins, puis missions dans l’industrie pétrolière en Asie et en Afrique de l’Ouest.
J’ai ensuite rejoint COMEX à Marseille acteur historique du secteur en tant que responsable plongée et maintenance ainsi que conseiller en prévention hyperbare.
Aujourd’hui indépendant, je mets cette expérience au service de l’audit et de l’accompagnement des entreprises du secteur hyperbare.
Comment es-tu arrivé au métier d’auditeur de certification ? Qu’est-ce qui t’a donné envie de transmettre ton expérience autrement ?
C’est QUALIANOR qui est venu à moi dans le cadre de sa recherche de compétences dans le domaine hyperbare. J’y ai trouvé une nouvelle manière de mettre mon expérience au service de la profession.
Ce métier m’a permis de développer une approche très pragmatique des règles et des enjeux réglementaires qui façonnent notre secteur. Ce sont des sujets parfois relégués au second plan, souvent par manque de temps ou de visibilité.
Mon expérience du terrain me permet aujourd’hui d’apporter un regard concret sur les pratiques des entreprises, avec un objectif essentiel : replacer la sécurité de l’activité au premier plan.
2 – L’audit hyperbare vu de l’intérieur
Tu réalises des audits sur l’ensemble des mentions concernées par la certification. Peux-tu nous expliquer concrètement en quoi consiste une mission d’audit ?
J’audite en effet des métiers très variés, qui ont tous en commun l’exposition au risque hyperbare. La plongée professionnelle est naturellement la plus connue du grand public, mais la certification concerne également les travaux souterrains en tunnelier, ainsi que certaines activités de l’industrie aéronautique liées à la pressurisation des cabines d’avion. Les principes de prévention restent similaires, tout en tenant compte des particularités propres à chaque métier.
Une mission commence par la préparation de l’audit. Cette étape essentielle permet d’établir un relevé factuel de l’entreprise : ses activités, le nombre de salariés exposés et les moyens qu’elle met en œuvre pour assurer leur sécurité. J’examine également les documents réglementaires exigés afin de dresser un premier état des lieux.
Une fois dans les locaux de l’entreprise, à l’écart des contraintes opérationnelles d’un chantier en cours, la réunion d’ouverture ainsi que l’examen documentaire permet tout d’abord de prendre le pouls de la structure, puis de s’assurer que les procédures sont régulièrement mises à jour et réellement adaptées à son activité. Par exemple, le « manuel de sécurité hyperbare », exigé par la réglementation, ne doit pas être une simple reprise des textes réglementaires : il doit refléter l’organisation de l’entreprise et guider concrètement les opérateurs dans la réalisation de leurs missions.
Enfin, l’audit sur chantier permet de confronter les procédures à la réalité du terrain. Il s’agit de vérifier que les moyens humains, matériels et organisationnels prévus sont effectivement mis en œuvre. Cette présence sur le terrain est essentielle pour comprendre le fonctionnement réel de l’entreprise et s’assurer que la prévention ne reste pas uniquement théorique.
Selon toi, qu’est-ce qui différencie un audit hyperbare d’un audit plus « classique » ?
Ce qui différencie principalement un audit hyperbare d’un audit plus classique, c’est son lien très direct avec la réalité opérationnelle du chantier. Il ne suffit pas de vérifier la conformité des documents : il faut également s’assurer que les procédures prévues peuvent réellement être appliquées dans les conditions rencontrées sur le terrain. Seule l’expérience de l’auditeur permet d’apprécier concrètement cette adéquation.
Les contraintes sont nombreuses : disponibilité des équipements, organisation des équipes, conditions d’accès, délais d’intervention, présence effective des moyens de secours, mais aussi contraintes environnementales. En travaux sous-marins, il peut s’agir de la profondeur, du courant, de la visibilité, de la température de l’eau, de l’état de la mer ou encore des conditions météorologiques. En tunnelier ou dans l’aéronautique, d’autres contraintes spécifiques liées au confinement des équipes viennent également influencer l’organisation des opérations.
L’audit hyperbare demande donc une bonne compréhension du métier et de ses contraintes. Il faut savoir observer, échanger avec les équipes et vérifier que les mesures de prévention restent adaptées à la situation réelle. C’est cette confrontation permanente entre les exigences réglementaires et les conditions concrètes d’intervention qui rend ce type d’audit particulier.
L’audit hyperbare en 3 temps
Les entreprises perçoivent parfois un audit comme un examen ou une inspection. Comment décrirais-tu ton rôle auprès d’elles ?
Il est en effet parfois nécessaire de faire preuve de pédagogie afin d’expliquer que mon rôle n’est pas de sanctionner l’entreprise ni de la mettre en difficulté. L’audit consiste avant tout à vérifier, de manière objective, que son organisation et ses pratiques répondent aux exigences de la certification.
Il est également important de rappeler aux entreprises les bénéfices d’une telle certification. Elle permet de placer l’ensemble des acteurs sur un même niveau d’égalité, en leur donnant la possibilité d’évoluer dans cette compétition commerciale selon des règles communes.
Mais au-delà de cet enjeu économique, l’objectif principal reste de rappeler aux entreprises l’intérêt de remettre l’humain au centre de toutes les considérations, afin de protéger durablement les personnes exposées au risque hyperbare.
Quelles sont les qualités indispensables pour être un bon auditeur hyperbare ?
Il faut avant tout savoir écouter et instaurer un échange constructif avec les dirigeants, les préventeurs et les équipes de terrain. Il est essentiel de comprendre le fonctionnement réel de l’entreprise, de reconnaître les pratiques conformes, mais aussi d’identifier avec justesse les éventuels écarts et les axes d’amélioration.
L’auditeur doit également faire preuve de rigueur, de pédagogie et d’impartialité, tout en apportant un regard extérieur, concret et nourri par l’expérience du terrain. Un audit bien mené doit permettre à l’entreprise de mieux comprendre les exigences qui lui sont applicables et de renforcer durablement la sécurité de ses opérations.
3 – Un rôle de référent technique chez QUALIANOR
En parallèle de tes missions d’auditeur, tu es également référent technique Hyperbarie chez QUALIANOR. En quoi consiste précisément cette fonction ?
Cela consiste avant tout à proposer une lecture technique et réglementaire commune des exigences applicables aux équipes de QUALIANOR, notamment à notre chargée de certification, avec laquelle je suis en contact permanent. J’apporte également mon appui aux autres auditeurs du secteur lorsqu’une question technique ou réglementaire se présente.
Egalement d’assurer une veille sur l’évolution de la réglementation et des pratiques professionnelles, afin d’anticiper leurs conséquences sur les entreprises certifiées et sur la conduite des audits.
Enfin, je contribue à harmoniser les pratiques des auditeurs afin de garantir une application cohérente et équitable des exigences de certification.
Pourquoi est-il important qu’un organisme certificateur dispose d’un référent technique issu du terrain ?
Son expérience avant tout permet de mieux comprendre les contraintes opérationnelles, d’harmoniser les pratiques d’audit et de veiller à ce que la certification reste adaptée aux réalités des métiers.
« Remettre l’humain au centre de toutes les considérations. »
Nicolas Belot — Auditeur et Référent Technique Hyperbarie QUALIANOR
4 – Le regard de l’expert
Quel conseil donnerais-tu à une entreprise qui va vivre son premier audit de certification hyperbare ?
La réglementation a beaucoup évolué ces dernières années. Il ne faut donc pas hésiter à remettre en question certaines anciennes pratiques lors de la création de l’environnement documentaire de l’entreprise. En effet notre connaissance des principes théoriques de l’hyperbarie évolue et se précise sans cesse. Une bonne lecture des textes réglementaires à jour et leur mise en application concrète permettent généralement de répondre à la majorité des questionnements de l’entreprise.
Pour terminer, si tu devais résumer en une phrase ce qu’est réellement un audit de certification hyperbare, que dirais-tu ?
C’est avant tout un échange humain qui permet de prendre du recul sur les pratiques et de veiller ensemble à la sécurité de celles et ceux qui exercent ces métiers.



Accréditation COFRAC Certification de Systèmes de Management n°4-0591, portée disponible sur
Accréditation COFRAC Produits, Procédés et Services n°5-0589, portée disponible sur 
